Nous parlons beaucoup de connexion avec la nature. Toucher la terre. Mais ce n’est pas la principale raison pour laquelle votre équilibre glisse lorsque vous heurtez un terrain accidenté.
C’est de la biologie.
Marcher sur des surfaces molles et irrégulières comme l’herbe ou le sable active un système que vous ignorez généralement jusqu’à ce que vous trébuchiez : la proprioception. Il s’agit du GPS interne de votre corps. Il vous indique, inconsciemment, où se trouvent chaque articulation et chaque membre dans l’espace sans que vous ayez à baisser les yeux.
“Si une surface est soudainement inclinée… cela activera les muscles d’une manière différente afin que vous ne tombiez pas.” -Claire Morrow
Morrow, physiothérapeute, le dit sans détour. Votre corps remarque l’inclinaison. Il ajuste les muscles. Vous ne tombez pas tout de suite. Simple. Automatique. Ou ça devrait l’être.
Le problème ? Il se décompose.
À mesure que nous vieillissons – ou pire, après une vilaine blessure – cette conscience interne s’estompe. C’est une boucle de rétroaction. Utilisez-le ou perdez-le. Une entorse à la cheville ? Vous perdez la stabilité du ligament et les données sensorielles qui vous empêchent de le faire rouler à nouveau. Morrow souligne que vous pourriez continuer à vous blesser à nouveau parce que le système d’avertissement est hors ligne.
L’entraînement ne nécessite pas de Sherpa ni de sommet.
Laissez le trottoir pavé derrière vous. Les trottoirs sont ennuyeux. Ils sont prévisibles. Ils ne font rien pour votre stabilité. Frappez la terre.
Patrick Maloney, entraîneur sportif principal à l’Institut de médecine sportive de Tulane, voit clairement les enjeux. “Le danger d’une proprioception altérée est que… vous n’avez pas la rapidité.”
Vous vous retrouvez dans une mauvaise passe. Vous essayez de vous rattraper. Vous échouez. Les chutes arrivent. Une étude de 2017 l’a confirmé : les personnes âgées se balancent davantage parce qu’elles perdent ce sens fiable de leur position.
Alors, que fais-tu ?
Commencez facilement. Saleté pressée. Puis l’herbe. Puis poncez. Pieds nus? C’est encore mieux, si le grain ne vous dérange pas. Le sol inégal oblige votre corps à réagir à l’inattendu. C’est un défi.
Nerveux à l’idée d’équilibrer ? Utilisez des bâtons de randonnée. Vous bénéficiez du test de position du pied ainsi que du filet de sécurité d’un soutien supplémentaire. Morrow dit que ça marche.
Faites un test. Tenez-vous sur une jambe. Comptez jusqu’à dix.
Si vous n’y parvenez pas, vous pourriez avoir une lacune dans votre réseau de stabilité. Un physiothérapeute peut résoudre ce problème avec des exercices ciblés. Faites également attention à votre démarche. Marchez-vous plus lentement qu’avant ? Avez-vous besoin de maintenir la balustrade ? Ce sont des données. Écoutez-le.
La prochaine fois que vous partez marcher, descendez du trottoir. Marchez sur l’herbe douce. C’est compliqué. Ce n’est pas structuré. Votre corps finira par vous en remercier.
